• hanternoz

    ...Des mots d'un bout du monde...

    Sur ce blog, quelques poèmes

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  •  L’aube noire

     

    L’aube agonisante est brumeuse, drapée de crêpe noir.

    Elle couvre l’horizon d’une ombre nostalgique de la nuit qui s’enfuit…

    L’air méphitique, asphyxié de carbone, s’appesantit de scories que vomissent déjà des volutes infâmes, quand la pointe du jour n’a pas même achevé son avènement.

    Les toits mornes, enlaidis d’humidité, s’étalent en cortèges de râteaux métalliques qui labourent et oxydent un ciel asthénique sans jamais ensemencer ici quelque fleur suave, quelque fruit délectable.

    L’ondée maussade invite à la mélancolie !

     

    Où donc est l’océan sauvage et capricieux ?

     

    Loin, bien loin de cet étouffant édredon de grisaille qu’étire à l’infini la ville besogneuse, dans son tintamarre de moteurs grognants et nauséabonds, de klaxons incessants, d’urgences innombrables, d’autobus et de métros pressés !

     

    L’océan…

     

    Je l’imagine aimable et caressant, apaisé du cri de l’oiseau marin, heureux du souffle d’un vent léger sur l’oyat souple et docile, amoureux de l’ocre d’un soleil naissant.

    Ou bien s’éveille-t-il dévastateur et dominant à l’assaut du rivage, écume rageuse sur la dune, fracas assourdissant sur le rocher de granit insensé d’orgueil et d’arrogance?

     

    Quelle humeur salée baigne l’estran de mon enfance, quand apparaît ici un matin livide, triste et désespéré et que je commence à peine à rêver ?

    Hz

     

    Flamme d’or 2017, décernée par Flammes Vives.

    PRIX DU COMTE DE LAUTRÉAMONT, PROSE POÉTIQUE.

    http://www.flammesvives.com/


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  •  

     

    La vieille façade

     

    Au détour d'un chemin, lors d'une promenade,

    On s'étonne parfois qu'une vieille façade,

    Une ancienne demeure où règne l’abandon,

    Ne vibre plus qu’au chant du merle et du bourdon.

     

     Le temps s'est écoulé qui porte ses blessures,

    Le ciment a cédé sur de larges fissures...

     Les plafonds effondrés sur des planchers perdus,

    Les fenêtres au sol, en monceaux épandus,

     Livrent à tous les vents la pierre surannée.

    Le lierre serpentant gagne la cheminée.

     

     Si  ronces et chiendent dévorent à l'entour

    Un passé qui se meurt un peu plus chaque jour,

     La porte peinte en bleu cèle bien son mystère!

    Pour un esprit curieux : "Qui vivait là derrière ? " 

     

     Quelles larmes et joies oubliées en ces murs ?

    Ô mon âme entends-tu, près des angles obscurs,

     Susurrer cette voix depuis longtemps éteinte ?

    Elle berce l'instant d'une douce complainte. 

     

     Hanternoz


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  • Le vieux monsieur

    Le vieux monsieur 
      
    Un vieil homme s'invite au bistrot plein de monde. 
    Le geste embarrassé de son corps engourdi 
    L’emporte lentement vers une table ronde, 
    Il voudra deux mousseux puisque sonne midi. 
      
    Il est endimanché comme pour une fête, 
    Un joli complet clair, le bout du pied luisant. 
    Le bon petit vin blanc qui lui chauffe  la tête 
    Le montre tour à tour bavard ou s’apaisant. 
      
    Un être face à lui, (c’est du moins ce qu’il semble, 
    Un fantôme apparu ?), l'écoute, lui répond. 
    C’est ce que dit sa main qui s’agite et qui tremble 
    En trinquant dans le vide au passé moribond. 
      
    J’observe longuement, cerné de rêves sombres, 
    Le spectacle émouvant de l’amour décharné, 
    L’étrange rendez-vous à mi-chemin des ombres, 
    D’un vieux monsieur vêtu de charme suranné. 
      
    Saisissant une étoffe il efface une larme, 
    Car déjà la conscience éloigne la torpeur. 
    La solitude arrive et tranche comme une arme 
    Un espoir qui devient une peine en son cœur. 
      
    Quand il se lève enfin puis dépose impavide 
    Quatre pièces d’argent sur un plateau de bois, 
    Un verre à moitié plein puis l’autre ... à moitié vide, 
    Que veux- tu que je pense à voir ce que je vois ? 
     
    Hz
     

    Flamme d’or de la poésie 2010,  décernée par Flammes Vives.

    http://www.flammesvives.com/


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  • L’âme "papillon"

    Sais-tu ce qu’est ton âme "papillon" ?

    Pour appréhender l’enchantement de la vie, ses éblouissantes facultés à s’épanouir dans la diversité, dans la force ou la fragilité,

    Il te faut bien une âme.

    Cette petite fleur qui ne demande qu’à devenir belle, aux coloris étourdissants, aux senteurs joyeuses de vagabondage au gré de vents indécis,

    une âme…

    Arrose-la de tendresse, réchauffe-la d’amour, sois plein d’attention.

    Elle est une rivière paisible qui rêve d’océan.

    Elle te révèlera ce qu’est l’essence véritable du monde…

     

    Tu voudras interroger le chêne séculaire ?

    Sa voix rauque d’écorce te parlera longtemps, plus ils sont vieux, plus ils ont de choses à dire !

    Les arbres causent entre eux…

    Entends leurs feuillages aux diverses saisons.

     

    La forêt silencieuse est bruyante...

    Ça cancane, ça commère, ça plaisante,

    Ça se dispute, ça ronfle …dans le calme apparent.

     

    Vois le ruisseau pressé, comme il fuit d’une pierre à l’autre.

    Il n’a pas une seconde à lui.

    Lève les yeux vers ces nuages si légers, si voyageurs,

    Ils t’apportent l’eau que tu boiras demain !

     

    Tout est vibrations, aime les sons, les couleurs,

    A chaque fantaisie ses fréquences !

     

    Sois brindille et ploie sous la brise, sois rossignol au chant clair, sois fourmi travailleuse.

    Sois vagues impétueuses et rocher impassible,

    Sois orage qui gronde, aurore vaporeuse.

    Sois volcan coléreux, sois neiges en décembre.

    Sois arc-en-ciel après l’ondée, sois fontaine limpide.

    Sois prédateur, proie, vis, meurs, et renais au printemps.

    Donne mais n’attends rien, sois humble, médite, apprends,

    Retiens bien toutes les leçons…

     

    Émerveille-toi de la beauté, pleure avec qui souffre, cultive l’empathie.

    N’invente pas ton Dieu, Il est tout autour de toi.

     

    Libère ton âme-chrysalide, elle est la grâce du papillon…

     

    Laisse le vent caresser ta peau, l’averse mouiller ton cou,

    Enlève ce chapeau qui t’enserre le front, incline le bien bas…

     

    Devant la nature.

     

    Hz


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  • Le pain du boulanger

     

    Le pain du boulanger 

      

    Sa paupière est si lourde et la nuit si présente. 

    Chacun dort bien au chaud mais il faut s’éveiller. 

    Son œil à la fenêtre en quittant l’oreiller 

    Voit dans l’obscurité le matin qui s’invente. 

      

    Que s'apaise le temps, que gronde la tourmente, 

    L’avant de la vitrine il va l’ensoleiller 

    De senteurs, de douceur à nous émerveiller, 

    Son travail est celui qui précède la vente.

      

    La pelle, le calot, la lame et le pétrin,

    Jamais on ne les voit, jamais on ne devine,

    Quand le beurre et le blé nous enflent la narine, 

    Les secrets du fournil cachés comme un écrin.

      

    Mais les croissants dorés, les petits pains câlins 

    Sont bien nés d’une main qui forme la farine.

    Si l’artisan s’endort à présent que l’on dîne, 

    Son rêve nous emporte aux ailes des moulins !

     

    Hz


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  • IMG 0125

     

    Hivernale

    La neige a déposé son manteau de velours,

    Un froid matin d’hiver éveille une aube pâle,

    Chaque flocon qui tombe est une blanche opale,

    La nature aujourd’hui veut de nouveaux atours !

     

    Un froid matin d’hiver éveille une aube pâle,

    La sombre et longue nuit ne sait durer toujours,

    La nature aujourd’hui veut de nouveaux atours,

    Ô mon âme vois-tu la douceur qui s’étale ?

     

    La sombre et longue nuit ne sait durer toujours,

    Un rayon de soleil et février détale,

    Ô mon âme vois-tu la douceur qui s’étale ?

    Au cœur qui se languit, reviennent les beaux jours !

     

    Un rayon de soleil et février détale,

    Il emporte l’hiver et les mortes amours,

    Au cœur qui se languit, reviennent les beaux jours

    D’un printemps qui séduit toute fleur apétale...

     

    Hz


      Publié dans l'Anthologie poétique Flammes Vives 2012.

    http://www.flammesvives.com/

    Jeu 26 nov 2009 

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  •  Ravage

     

    Une colère explose et son rugissement

    Irascible délivre une fougue sauvage.

    L’océan furieux dévaste le rivage

    D'une lame au reflet du ciel, en son tourment.

     
    La rafale affolante érige un châtiment

    Qui déchire le ciel et du haut de sa rage,

    Elle tue, elle broie, elle inflige un ravage,

    L’ouragan forcené n’a pas de sentiment. 

     
    Les yeux sur l’horizon, je contemple l'abime.

     Quand bien même l’effroi, la tempête est sublime…

    Grand fauve magnifique enfui de sa prison

     

    Il court à perdre haleine et tandis qu’il s’épuise

    Au long de son chemin griffe et mord sans raison,

    Farouche est son instinct, si cruelle sa guise !

     

    Hz

     

    Cataclysme Jeudi 15 octobre 1987 : Une tempête venant des Açores est annoncée. Elle arrive avec un peu de retard mais davantage de force.
    C'est un véritable ouragan, une appellation en principe réservée aux zones tropicales.
    Tout commence par une petite dépression qui atteint la pointe de la Bretagne vers 18 h.
    Trompeuse, elle ne correspond pas à la chute barométrique vertigineuse observée.
    Une autre dépression, très creuse, arrive du Sud-ouest .
    On mesure une vitesse de vent de 200 km/h sur Ouessant, 220 à Penmarc'h.
    Elle va tracer sa route à l'ouest d'une ligne golfe du Morbihan-Rennes-Deauville, dévastant tout sur son passage à travers Finistère et Morbihan, Côtes-d’Armor et Ille-et-Vilaine, Manche et une partie du Calvados.


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  •  Le poète et le jardinier

     

     Si la muse soupire un texte savoureux,

    Si des mots alignés, en vers ou même en prose,

    Esquissent une fleur en son silence éclose,

     L’un s'émeut et frissonne au bouquet langoureux.

     

    L’autre est un homme sage au geste rigoureux.

    Il sait dans la noirceur du nuage morose,

    Une source perlant au bouton d'une rose ,

    Et la pousse du grain sur un sol vigoureux!

     

    Chaque belle ici-bas goûte à ce qu’on la mire,

    La plus grande beauté veut aimer qui l’admire !

    Quand se pâme au grand jour la splendeur du jardin,

     

    Poètes, jardiniers savourent tous ses charmes.

    Las! S’ils posent sur elle un regard anodin,

    Le petit cœur blessé ne contient pas ses larmes.

     

    Hanternoz


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  • La fée Morgane 

      

    La plage s’endormait. L’horizon flamboyant 

    Lentement déclinait et se parfumait d’ombre. 

    Le soleil se noyait comme un vaisseau qui sombre 

    Et mourait dans l’éclat d’un instant rougeoyant. 

      

    J’aimais tant ces sentiers à l’heure du couchant. 

    Quand le flot de l’été s’approchait de la dune, 

    Il épousait l’argent pour envoûter la lune ,

    Une vague bruissait qui se voulait un chant. 

      

    Votre main dans la mienne et mon cœur se troublait. 

    Séléné s'invitait en lueur opportune, 

    Sous cet astre si blanc, vous sembliez si brune, 

    Un charme s'étirait dans l’air et me comblait. 

      

    L'aube noire a chassé les cieux illuminés. 

    Les vents ont déversé des plaintes sibilantes, 

    Les rêves qu'on accroche aux étoiles filantes 

    Ont fui loin dans l’espace et sont disséminés. 

      

    Quand mon âme aujourd’hui m’entraine au bord de l’eau, 

    C’est qu’elle aime à pleurer la langueur océane, 

    Où cherchant dans la nuit la divine Morgane, 

    Suit les traces des pas qu’efface le rouleau. 

     

    Hz


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  •  Le grand rocher

    Un matin de printemps sur les bords de la mer,

    Compose l’harmonie et du bleu et du vert.

    Jouant des éléments, il conçoit l’éphémère,

    D’un rayon de soleil et d’un reste d’hiver.

     

    Le nuage s’étire et prendra mille poses,

    L’océan ravageur semble s’écarteler,

    Déroulant son humeur sur les granités roses,

    Projetant dans les airs un vacarme salé.

     

    La force minérale est là, ce grand rocher,

    Sous le ciel azuré, désireux d’être fier.

    L’écume des marées voudrait bien ébrécher

    Cette folle arrogance et la battre en poussière,

     

    En simples grains de sable, en galets que l’on roule,

    Coucher le front dressé de ce géant de pierre,

    Et puis le déposer par une simple houle,

    A jamais oublié, dans les profonds abers.


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  • Les deux cœurs

     

    Deux cœurs purs en la maison

    Ravissent chaque saison ! 

    Elles sont faites ainsi, 

    L’une est belle et l’autre aussi.
     

    Deux fillettes sur mon cœur 

    Posent un amour vainqueur, 

    Aimantes, elles sont ainsi, 

    L’une est belle et l’autre aussi. 

      

    Elles aiment à plaisanter, 

    Elles inventent la gaieté ! 

    De l’esprit, elles ont ainsi, 

    L’une est belle et l’autre aussi. 

      

    Elles grandissent si vite, 

    L'avenir toujours s'invite, 

    Impatientes, elles sont ainsi, 

    L’une est belle et l’autre aussi .

      

    Mes deux filles, ma fierté, 

    Saurai-je assez répéter, 

    Qu'en mon cœur chantonne ainsi, 

    L’une est belle et l’autre aussi. 

      

    Deux roses dans mes pensées, 

    Maintenant chacun le sait, 

    Il en va toujours ainsi, 

    L’une est belle et l’autre aussi ! 

      

    (Papa) hanternoz 


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  •    Dogmes   

      

    Des dogmes enflammés nous proclament encore

    Un féroce verdict à l’ultime moisson, 

    Comme naguère hurlait un Clovis à Soissons  

    Au crâne fracassé : "souviens-toi de l'amphore !" . 

       

    Est-ce Dieu, ce bourreau ? L’Éternel oxymore.... 

    Le juge et l’avocat, il est à l’unisson.  

    Quand il voudra peser mon âme à sa façon,  

    Si sa voix s’adoucit, qu'est ce fouet qu’il arbore? 

      

    S'il me semble parfois lire au creux de ma main, 

    La lente évolution de l'insecte à l'humain,  

    Mille fois mille vies aurais-je déroulées? 

     

    Quand l’automne découvre aux branches du fruitier,

    Une belle récolte et deux pommes talées, 

    Condamnes-tu Seigneur l'arbre dans son entier? 

     

      Hz 


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  • Rose de cœur



    Une rose se fane au jardin de mon cœur.

    Je contemple à son pied, posé sur un pétale,

    Un chagrin qui s’étire et doucement s’étale,

    Au printemps qui s’enfuit, un hiver est vainqueur. 

     

    Pour apaiser mon âme la petite fleur

    Fragile se dévoile à l’heure matinale,

    Son arôme évapore une brume automnale,

    La grâce de son teint chasse toute laideur.

     

    Rien ne dure ici-bas qu’un mauvais vent n’effeuille,

    A certaine saison la nature s’endeuille

    Et répand alentour le parfum des adieux. 

      

    La lumière s’éteint sur toute porte close.

    Dans un monde oublié de l'astre radieux,

    Une beauté s’endort, une larme l’arrose. 

     

     Hanternoz


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  • Jean  

      

    Ils étaient nés sous la mauvaise étoile aux pires des moments  

    Une petite étoffe aux couleurs du soleil est mise aux vêtements  

    Pauvres gens …

    La folie meurtrière est déshumanisée dans le chef allemand,
     

    Le sang des innocents s’est écoulé longtemps, le malheur est gourmand. 

    Pauvres gens …

    Des hommes de progrès simples et courageux recueillent un enfant,
     

    Qui vivra désormais, le monstre est terrassé, le matin triomphant. 

    Braves gens …


    Mais les nuits et brouillards ne s’évaporent pas comme gouttes de sang.
     

    Et l’hommage est rendu aux cadavres perdus tout au fond d’un étang,  

     Brave Jean...

    Un poète a grandi qui chante les maudits engloutis par le temps,
     

    Prêche le souvenir pour enfin garantir un éternel printemps,  

    Brave Jean …

    Je garde ton sourire et je garde ta voix et je sais ton talent.
     

    Et nous sommes millions à regretter déjà le verbe turbulent,  

    Brave Jean …

    Le poète a raison, tes rimes à jamais dans des espace-temps,
     

    Relieront les humains et voudront que demain, l’on pense à toi longtemps.  

      

    Merci Jean… 

    Hanternoz


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  • Noël

    Blottis dans un fauteuil et devant l’arbre vert,
    Un petit qui sommeille, un vieillard indulgent,
    Contemplent en rêvant tout l’or et tout l’argent
    D’un manteau scintillant. Le sapin s'est couvert !

     

    Auprès des souliers une crèche rappelle
    À toute humanité que l’amour est divin,
    Qu’il est doux le partage des pains et du vin,
    Quand un chant radieux emplit une chapelle !

     

    Et la promesse vient d’un lendemain joyeux,
    Du rire qui résonne au matin de Noël,
    Quand s’accomplit enfin le miracle éternel
    Et que la preuve est là, juste devant nos yeux !

     

    Pour l’enfant le jouet, le fruit, une étincelle,
    Un moment merveilleux gravé dans sa mémoire.
    Au grand-père à nouveau sera donné de croire,
    En la pâle bougie une flamme chancelle…

     

    Hz


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  • Poème   

    La feuille de papier, sans âme et silencieuse, 

    Rêve sur sa pâleur un message galant, 

    Un poème d’amour au charme ensorcelant, 

    Puisé dans l’encrier d’une plume audacieuse. 

      

    L’écriture se pense et doit être astucieuse ; 

    Chaque vers déposé qui semble nonchalant 

    S'émeut à vous offrir un plaisir enjôlant, 

    La rime est un paraphe, on la veut délicieuse ! 

      

    Quand elle sait orner joliment le vélin, 

    Que les mots sont choisis, tissés comme du lin, 

    L’empreinte de l'auteur se pose sur la page! 

      

    Si la douce émotion rencontre votre cœur, 

    Peut-être direz-vous : "Mon Dieu, cette liqueur..." 

    Comme on goûte un bon vin, connaît-on le cépage?

     

    Hz

     

     Publié dans l'Anthologie poétique Flammes Vives 2012.

    http://www.flammesvives.com/


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  • Esméralda

    Sur le parvis de Notre Dame, 

    Esméralda paraît bossue, 

    Rigide comme une massue, 

    Le bras tendu vers le quidam. 

    Et ses haillons comme chiendent 

    Volent aux mauvais vents d’automne, 

    Qui suis-je donc, moi qui m’étonne, 

    A son rire il manque une dent ? 

    Triste princesse a lourde peine, 

    Son pygmalion s’est endormi. 

    A Paris s’écoule la seine, 

    Au panthéon dort son ami. 

     

    Hz


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  • Abîme d’enfance 



    La tristesse en tes yeux grossit une rivière

    Qui dévale ta joue et tu baisses le front. 

    Courbée en ton chagrin comme par un affront, 

    Tu veux taire un sanglot qui brille à ta paupière. 

      

    Le désespoir s'étend sur ton cœur, tu gémis.

    Il est un océan qui déroule sa lame

    Et cogne mille fois aux rives de ton âme, 

    Des crépuscules noirs aux matins endormis.

      

    Les beaux princes charmants, les fantasques chimères, 

    Les carrosses dorés, les chevaux alezans, 

    Disparaissent soudain quand je vois tes dix ans 

    Chanceler et sombrer dans des larmes amères. 

      

    Sommeille mon enfant, je connais des trésors ! 

    Chargés sur des vaisseaux qui vont lever les voiles, 

    Ils voguent dans la nuit jusqu’au bout des étoiles, 

    Pour peupler l’infini de lumières et d’ors... 

     

    Hz


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  • IMGP1232

     

    Muse d’automne 

      

    Une muse sourit.  Le joli vent d’automne 

    Anime les sous-bois de sons ensorceleurs. 

    Octobre qui palpite agite ses couleurs, 

    Une feuille s’envole et folle,  tourbillonne. 

      

    On aperçoit souvent, dans la forêt bretonne, 

    L’esprit malicieux près des oiseaux siffleurs. 

    Posé sur une branche et vêtu de lueurs, 

    Il se plait à rêver dans l’instant qui frissonne. 

      

    La lumière tombait quand je le vis s’asseoir. 

    Il chantait longuement, dans le souffle du soir, 

    Une douce musique à nulle autre pareille. 

      

    La lune enveloppait cet être merveilleux. 

    En ce moment de paix,  loin du monde orgueilleux, 

    Le silence grandit... moi, je tendais l’oreille ! 

     

    Hz

     

    La forêt de Huelgoat, magnifique et envoûtante à chaque saison, est l'un des plus beaux sites du Finistère.


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  • L’amie Lune

    Lune! Berce mon front d'une douce lumière,
    Aiguise tous mes sens, éveille mon esprit.
    A l’heure où tout s'éteint, comment par un écrit
    Poser l’or de la nuit sur une page entière ?

    Comme un gros chat s’endort à l’heure casanière,
    Devant l’âtre ronflant qu’un bon maître nourrit,
    Le poète songeur dans son âme chérit
    La soyeuse lueur, sensible et familière.

    Aussitôt que paraît l'astre silencieux,
    A côté d’une étoile en l'infini des cieux
    Naissent des océans et des iles lointaines !

    Dans un cœur où le rêve est plus que la raison,
    Le flot veut emporter sur ce vaste horizon,
    Des vaisseaux fabuleux et de grands capitaines !

     

    Hz


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