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13 Septembre 2020

La fée Morgane
La plage s’endormait. L’horizon flamboyant
Lentement déclinait et s'empanachait d’ombre.
Le soleil se noyait comme un vaisseau qui sombre
Et mourait dans l’éclat d’un instant rougeoyant.
Que j'aimais ces humeurs à l’heure du couchant.
La houle de l’été alanguissait la dune,
Elle épousait l’argent pour envoûter la lune,
Une vague bruissait, je la savais un chant.
Votre main dans la mienne et mon cœur se troublait.
Séléné cheminait. La grâce opalescente
Emmitouflait sa nuit d'une onde ensorcelante.
Un charme s'étirait dans l'air et s'envolait.
L'aube grise a chassé les cieux illuminés.
Les vents ont déversé des plaintes sibilantes,
Les rêves qu'on accroche aux étoiles filantes
Ont fui loin dans l’espace et sont disséminés.
Une peine parfois m'emmène au bord de l’eau,
Elle aime à s'abreuver de langueur océane,
Ou, guettant dans la nuit la divine Morgane,
Suit des traces de pas qu'efface le rouleau.